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Pétrole – L’OPEP+ en suspend dans un marché étouffé par 3 équations à trois inconnues

The logo of the Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC) is seen inside their headquarters in Vienna, Austria December 7, 2018. REUTERS/Leonhard Foeger
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Pétrole – L’OPEP+ en suspend dans un marché étouffé par 3 équations à trois inconnues

A partir de ce 1er avril 2020, compte tenu de l’échec des négociations OPEP-Russie (OPEP+), les producteurs mondiaux de pétrole ne sont plus tenus par l’obligation de baisser leur production.

La Russie a refusé l’offre de l’OPEP d’une coupe collective supplémentaire de 1,5 million de barils par jour jusqu’à la fin de l’année 2020.

Une situation qui confronte le marché pétrolier mondial à trois problématiques majeures, toutes liées, et dont la première est la prorogation de la pandémie du Covid19, avec ses effets dramatique sur l’économie mondiale.

La deuxième équation – toujours inhérente à cette crise sanitaire planétaire – relève de l’échec des pourparlers OPEP-Russie (OPEP+) entrainant un décrochage abrupte des cours du pétrole.

Et depuis quelques jours, le marché est confronté à un risque de saturation des capacités de stockage, d’ici l’été, si la situation n’évolue pas.

La pandémie du Covid-19 perdure comme on le craignait et enfonce les cours du pétrole qui ont perdu les deux tiers de leur valeur depuis le début de l’année.

Le baril de référence WTI atteignait 20,09 dollars au 31 mars 20020, le cours le plus bas depuis 2002.

Confronté à un double choc de la demande et de l’offre, le prix du pétrole plonge encore.

La barre des 20 dollars le baril est donc franchie et c’est loin d’être fini. Des perspectives moroses de 15 à 10 dollars le baril ne sont pas à exclure. Ce qui serait une première depuis la crise asiatique de 1998.

Ce qui, jusqu’à maintenant contraignait les producteurs à stocker en attendant que les prix remontent pour éviter de se verser à un dumping.

Seulement au rythme où va le marché, eu égard à la destruction de l’offre et au prolongement de l’incertitude, l’on s’achemine vers la saturation des capacités de stockage d’ici l’été.

Un surplus d’offre supérieur à 20 millions de barils, conséquence de la « guerre des prix »

La guerre des prix lancée par Riyad au lendemain de l’échec des négociations OPEP-Russie (OPEP+) n’a pas encore livré tout ses secrets.

Mais dans cette « guerre commerciale » sur fond de crise la désagrégation du cours du Brent tout comme la surproduction ne profiteront quasiment à personne.

Pas même de l’Arabie Saoudite pourtant premier producteur mondial.

Sinon un petit peu à la Russie lancée dans une guerre contre les producteurs américains de pétrole de schiste et leur stratégie de marché qu’elle nuisible pour son économie.

En effet, Moscou, qui a besoin de ses recettes pétrolières et gazières, estime que les producteurs américains de pétrole de schiste bénéficient des coûts d’exploitation très bas pour garder pignon sur le marché.

Cette situation qui proroge les incertitudes économiques jette de l’inquiétude sur les perspectives non seulement de la productivité et de la commercialisation, mais sur les stockages (logistiques et infrastructures).

Révision du mode de calcul SMRC pour un sentiment d’assurance

La spécificité du pétrole et de ses moyens de stockage complexifient la gestion du flux devenu ingérable alors que les mesures de confinement se multiplient à travers le monde pour tenter d’endiguer la propagation du Covid-19.

Le surplus d’offre, qui est évalué à plus de 20 millions de barils par jour, inquiète plus qu’il ne doive rassurer.

L’excédent est une équation à laquelle les producteurs en général et américains  en particulier doivent trouver une solution.

Certains d’entre eux sont entrain de revoir leur stratégie commerciale se réorientant vers un dumping qui ne dit pas son nom (payer pour se débarrasser du pétrole), histoire de libérer de l’espace et surtout pour éviter de devoir stopper leur production faute  d’écoulement de leurs produits.

Une telle situation occasionnerait d’autres pertes inhérentes à la masse salariale pour des ressources humaines totalement confinées au chômage technique.

Le pire serait l’impact psychologique d’un éventuel arrêt de production sur les marchés financiers, déjà fragilisés par le chapelet de décisions peu reluisantes et l’incertitude ambiante qui perdure. Pour anticiper face à cette « éventualité » catastrophique, certains producteurs changent leur mode de calcul SMRC (le coût marginal à court et à long terme) de sorte à l’amoindrir en y excluant les coûts d’investissement.

Et cela peut ne pas conduire forcément à un arrêt ou baisse de la production, sauf peut être dans les zones à coût élevé.

A la situation d’aujourd’hui, aucun producteur n’en sort quasiment indemne, quelle que soit la stratégie nationale mise en place.

Et le salut ne pourrait venir que du recul sensible de la pandémie et/ou un éventuel accord entre la Russie et l’OPEP.

Cette deuxième piste est plus réalisable à court terme puisque Moscou et Ryad continuent d’échanger pour un accord dans les plus brefs délais.

En attendant et d’un autre côté, la stratégie de décongestion des stocks peut être une belle opportunité pour les pays non producteurs qui auraient une capacité de stockage assez grande.

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